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Le Comité Haïti-Laurentides a redonné une école à 450 Haïtiens (Le Mirabel, 19 janvier 2015)

Source: http://www.hebdosregionaux.ca/laurentides/2015/01/19/le-comite-haiti-laurentides-a-redonne-une-ecole-a-450-haitiens

haiti19Que serait devenu le Collège Eddy Pascal, en Haïti, sans l’aide qui lui est parvenue des Laurentides ? Lors du séisme de 2010, l’établissement scolaire construit grâce aux dons du Comité Haïti-Laurentides a été complètement détruit. Qu’à cela ne tienne : de nombreuses personnes ont uni leurs efforts pour redonner une école aux 450 jeunes haïtiens qui la fréquentent aujourd’hui.

Fondé en 1981, le Comité Haïti-Laurentides a permis à Eddy Pascal de construire une école à Carrefour, à 8 km de Port-au-Prince. Des étages se sont ajoutés au fil des ans, alors que le collège accueillait de nouvelles classes. L’établissement de 4 étages qui venait d’être complété n’a malheureusement pas résisté au séisme du 12 janvier 2010. Seul le bâtiment abritant les classes de maternelle, plus petit et un peu à l’écart, est demeuré intact.

« Heureusement, personne n’était dans l’école au moment du séisme puisque la journée était terminée, raconte Marie-Josée Lambert, directrice du Comité Haïti-Laurentides. Toutefois, cela a été un coup dur. Tout ce qui avait été bâti était à refaire ! »

Le Comité Haïti-Laurentides avait également développé une « mini » banque offrant des microcrédits aux femmes haïtiennes pour qu’elles puissent développer leur commerce. « Après le séisme, ces femmes ont connu un retour drastique aux besoins de base, mentionne Marie-Josée Lambert. Le prix des matières premières s’est mis à grimper et elles ne parvenaient plus à se procurer le matériel nécessaire à leurs activités. »

Des citoyens et des élèves impliqués

Dans les Laurentides, la mobilisation s’est multipliée après le séisme afin qu’Eddy Pascal puisse rapidement reconstruire son école. Des levées de fonds se sont multipliées dans toute la région. Parmi les écoles impliquées dans cette formidable mobilisation, l’école alternative La Fourmilière, à Saint-Jérôme, a organisé chaque année un « marché aux surplus » et une collecte d’argent. Les élèves de l’école du Champ Fleuri, à Prévost, ont également sollicité des dons. En 2012, la reconstruction du Collège Eddy Pascal était complétée selon les normes imposées qui ne permettaient plus d’ériger des bâtiments de quatre étages.

« L’implication des gens, dans les Laurentides, est assez exceptionnelle, souligne Marie-Josée Lambert. Si on pouvait les amener en Haïti, ils pourraient voir ces petits miracles que cela a produits. Le Comité a également permis à 70 enfants, dont les parents ne pouvaient pas payer les frais de scolarité, d’être parrainés. L’éducation que reçoivent ces enfants va leur donner la possibilité de contribuer ensuite à la société. »

Les microcrédits accordés aux femmes ont quant à eux été majorés. « Cette année, dix nouvelles femmes peuvent bénéficier du programme », se réjouit la directrice du Comité Haïti-Laurentides.

La transmission de nouvelles valeurs

Au-delà des besoins matériels, l’aide apportée par le Comité a également permis de changer certaines mœurs. « Eddy Pascal est venu dans les Laurentides à plusieurs reprises, ce qui lui a permis de voir et d’adopter nos modes de discipline, explique Marie-Josée Lambert. Aujourd’hui, le Collège Eddy Pascal est une des rares écoles en Haïti où le fouet n’est plus utilisé et où les enfants sont invités à communiquer, à donner leur opinion et à lever la main en classe. Cela a des répercussions jusque dans les familles des élèves qui la fréquentent. C’est au contact de notre culture qu’Eddy Pascal a été sensibilisé à l’idée de changer la façon de faire dans son école. Il a eu la force de caractère et le courage de l’implanter chez lui ! »